Aurore

Tu es là, Lumineuse jumelle, ma Muse scintillante, mon Enivrante maîtresse !
Je te devine sous le gaz vaporeux de ta mousseline d’or et de pastel.
Timidement, reprends tes droits, capture ces éclats d’obscurité, embrasse mes sombres démons du baiser ardent de tes rayons.
J’éveillerai mes sens à ta lumière bienfaitrice, je condamnerai la traitrise de ce sommeil impatient, je louerai tes grâces, la caresse rassurante de ta chaleur.
Toi, mon éternelle déesse, éloigne à jamais la folie de mes nuits sans lune, berce-moi dans le sein de ta mélopée frémissante !
Je m’offrirai tout entier au miracle de ta naissance perpétuelle et brillante.

¢ Le Chuchoteur

Nocturne

Toi, Douce amie, Silencieuse confidente, Éternelle amante,
Étends sur moi ton voile d’ombre et d’argent.
Tais peu à peu mes pensées, parsème mes rêves de tes diamants étoilés.
Souffle-moi le plus beau des songes, offre-moi l’aurore d’illusions inénarrables.
Je déposerai ma plume, je froisserai ces papiers épars et solitaires.
J’oublierai jusqu’à mon nom pour ne vénérer que la caresse de ton obscurité, la sérénité de ton silence, la froideur de ta morsure.
Ô divine compagne, emporte-moi une fois encore dans ton étreinte gainée de velours,
Guide-moi vers la plénitude de ton immensité et laisse-moi me noyer une dernière fois dans la perfection de ton encre !

¢ Le Chuchoteur

Abandonnisme

A toi, qui au sortir de l’enfance a appris à cultiver les joies, les peines et les regrets mais surtout à composer des bouquets d’instants et d’espoir.
Sensation de vide, sentiment de manque, crainte de la perte, peur de l’oubli.
Tu fuis inlassablement cette mémoire oubliée, douloureuse.
Tu condamnes implacablement cette larme coupable, esseulée.
Tu disposes des chrysanthèmes autour de cette chrysalide trop vite quittée.
Tu goûtes les mots comme des saveurs qui ravivent ces souvenirs oubliés.
Tu caresses pensivement l’idée que le néant ne t’aurait pas sauvé.
Tu guéris doucement à leurs côtés, construisant un à un les puzzles d’une histoire nouvellement embrassée.
Tu remercies le hasard de t’avoir donné cet amour à partager.

¢ Le Chuchoteur

Silence

Je suis une funambule en équilibre sur le fil de ma mélancolie.
Je me tiens suspendue au bord du gouffre de mes émotions.
Je suis la spectatrice de cette balance parfaite de clair-obscur où la douleur se fait amie.
Je suis témoin d’un monde, de ce monde froid et coupant.
Ô comme je souhaiterais qu’il s’arrête, que tout s’arrête, que je disparaisse aux yeux du monde et des autres.
Je deviendrais alors la compagne solennelle du silence, de la paix, de cette paix épaisse et douce.
Bercée à jamais dans les bras de cet infini reposant.

¢ Le Chuchoteur

Mélopée

Les mots sont à mon âme ce que les notes sont à la musique.
Un essentiel, une clé, porte ouverte sur les partitions d’un esprit abimé.
Les mots chantent, les notes virevoltent sur la mélopée de mon cœur fatigué.
De guerre lasse, je laisse mon esprit vagabonder à travers l’intemporalité de mes pensées.
Je suis fatiguée d’y croire, fatiguée d’espoir, fatiguée d’amour…
Plongée dans la musicalité de ces croches d’encre et de papier, elles m’emportent et m’élèvent vers de nouveaux songes éthérées où je peux me surprendre à rêver.

¢ Le Chuchoteur