
Pas à pas, ma marche presque mécanique rythme mes pensées.
Elles suivent la danse erratique du décor automnal qui m’entoure.
Je suis au cœur de murs bruissant d’ambre, d’or et d’émeraude.
Je m’arrête, ma tête est vide. Indolente.
Je tends l’oreille pour saisir le message caché dans le murmure du vent. En vain.
Je reprends ma route, poussée par la volonté étrange de m’enfoncer plus loin dans ce royaume chatoyant à la lumière déclinante.
L’astre effleure délicatement l’horizon de ses rayons lorsque je pénètre dans un vaste dôme d’élégance végétale.
Les yeux clos, je suis séduite par la caresse discrète de la brise et le chant des fils de cette sauvage beauté.
Soudain, je perçois sa présence. Immuable. Familière.
Le vent a cessé de chanter. Un silence absolu s’est imposé.
Lentement, mes yeux détaillent sa silhouette. Masculine. Fière. Inoubliable.
C’est un guerrier. Mon guerrier.
Dressé insolemment au centre du dôme, l’énigme de son regard d’un ambre liquide et rougeoyant éveille mes sens.
Inexorablement, ma main se tend, mon corps s’avance, nos doigts s’enlacent, nos souffles se mêlent.
Puis, dans l’alliance de nos âmes, de nos cœurs, il murmure : Mienne.
¢ Le Chuchoteur

